Varices : sclérothérapie, laser ou stripping, quelle méthode choisir ?
Enlever une varice ne se résume pas à faire disparaître une veine bleue. Le bon traitement dépend de sa taille, de son trajet, des symptômes associés et surtout du résultat de l’écho-doppler. Certaines varices relèvent d’un geste simple en cabinet, d’autres nécessitent une technique endoveineuse ou une chirurgie. Les mesures conservatrices peuvent soulager et freiner l’aggravation, mais elles ne font pas disparaître une vraie varice déjà installée.
Avant de traiter : comprendre ce qu’est une varice
Une varice est une veine dilatée et moins efficace pour faire remonter le sang vers le cœur. Les valvules internes, qui agissent comme de petits clapets anti-retour, fonctionnent mal, le sang stagne, la pression augmente et la veine se déforme progressivement. Les jambes sont les plus souvent concernées, notamment au niveau des veines saphènes et de leurs branches.
Les varices touchent environ 20 à 35% de la population. Elles peuvent être surtout esthétiques au départ, mais elles s’accompagnent parfois de lourdeurs, douleurs, démangeaisons, crampes nocturnes, œdèmes des chevilles ou sensation de jambes chaudes en fin de journée. Une varice visible de plus de 3 mm, douloureuse ou qui évolue mérite une consultation médicale.
Pourquoi l’écho-doppler change tout
L’examen clé est l’écho-doppler veineux. Il permet de voir quelles veines sont atteintes, dans quel sens circule le sang, s’il existe un reflux important et si les veines profondes sont normales. Sans cet examen, on risque de traiter seulement ce qui se voit en surface, alors que le problème vient parfois d’une veine plus profonde ou d’un tronc saphène insuffisant.
Un bon traitement commence souvent avant le geste médical. Il faut repérer la “veine source”, celle qui alimente le réseau visible. Supprimer seulement les petites branches apparentes peut donner un résultat temporaire, mais si le reflux principal persiste, d’autres varices peuvent réapparaître. C’est pour cela qu’un traitement sérieux repose sur une cartographie veineuse avant de choisir l’intervention.
Les techniques médicales qui enlèvent vraiment les varices
Pour faire disparaître une varice, les traitements validés visent soit à fermer la veine malade, soit à la retirer. Le choix dépend de son diamètre, de sa localisation, de son aspect tortueux, de l’état de la peau, des antécédents et des objectifs du patient. Ces gestes sont pratiqués par des professionnels formés : angiologue, phlébologue ou chirurgien vasculaire.
Sclérothérapie : fermer la veine par injection
La sclérothérapie consiste à injecter dans la varice un produit sclérosant, parfois sous forme de mousse, qui irrite la paroi interne de la veine et provoque sa fermeture progressive. Elle est souvent proposée pour les varices de petite à moyenne taille, les varicosités et certaines récidives. Le geste se fait généralement en cabinet, sans anesthésie lourde.
Les suites sont habituellement simples : marche immédiate, compression selon prescription, reprise rapide des activités. Des effets secondaires peuvent survenir, notamment une coloration brune de la peau, de petites plaies ou des réactions locales. Après sclérothérapie, le taux d’effets secondaires rapporté varie de 5 à 30% selon les situations et les techniques utilisées. C’est une méthode efficace, mais elle demande parfois plusieurs séances.
Traitements endoveineux : laser et radiofréquence
Les traitements endoveineux, comme le laser ou la radiofréquence, consistent à introduire une fibre ou une sonde dans la veine malade pour la chauffer de l’intérieur et la fermer. Ils sont souvent utilisés pour traiter une veine saphène insuffisante. L’intervention se fait sous contrôle échographique, avec anesthésie locale ou locorégionale selon le cas.
Leur intérêt est de traiter la veine responsable sans l’arracher, avec des suites souvent plus confortables que les chirurgies anciennes. Une compression est fréquemment prescrite après le geste. Des bleus, tiraillements, douleurs modérées ou sensations de cordon sous la peau peuvent apparaître temporairement. Pour beaucoup de patients, cette approche permet un retour plus rapide aux activités habituelles.
Phlébectomie et stripping : retirer la veine malade
La phlébectomie percutanée permet de retirer des segments de varices par de très petites incisions. Elle est indiquée pour des branches variqueuses visibles, parfois de 1 à 3 mm selon leur accessibilité et leur configuration. Elle peut être réalisée seule ou en complément d’un traitement endoveineux.
Le stripping, ou éveinage, consiste à retirer une veine saphène malade. Cette technique chirurgicale reste utile dans certaines situations, même si les méthodes endoveineuses l’ont souvent remplacée lorsqu’elles sont adaptées. Les suites peuvent comporter hématomes, douleurs, cicatrices discrètes ou arrêt temporaire des activités selon l’étendue du geste. Le choix dépend donc moins d’une habitude de service que de l’anatomie veineuse et du reflux repéré à l’écho-doppler.
Comparer les options selon la varice, la douleur et les suites
Il n’existe pas une méthode universelle pour enlever les varices. Une petite varicosité esthétique, une grosse veine saphène douloureuse et une récidive après chirurgie ne se traitent pas de la même manière. Le tableau suivant aide à comprendre les grandes indications, sans remplacer l’avis médical.
| Méthode | Indications fréquentes | Points forts | Suites possibles |
|---|---|---|---|
| Sclérothérapie | Petites et moyennes varices, varicosités, récidives | Geste rapide, sans chirurgie lourde, réalisable en cabinet | Coloration cutanée, petite inflammation, plusieurs séances possibles |
| Laser ou radiofréquence | Veine saphène insuffisante, reflux important | Technique ciblée, peu invasive, contrôle échographique | Bleus, tiraillements, compression temporaire |
| Phlébectomie | Branches variqueuses visibles et accessibles | Retrait direct de la varice, micro-incisions | Hématomes, petites marques, sensibilité locale |
| Stripping | Certaines grosses veines saphènes ou cas non adaptés aux techniques endoveineuses | Traitement radical d’un axe veineux malade | Récupération parfois plus longue, bleus, cicatrices |
La douleur pendant le traitement est généralement contrôlée par l’anesthésie locale, la précision échographique et les soins post-geste. Après intervention, la marche est souvent encouragée, car elle active la pompe musculaire du mollet et limite la stagnation veineuse. En revanche, sport intense, bains chauds, sauna ou station debout prolongée peuvent être déconseillés temporairement selon la technique utilisée. Le patient reçoit souvent des consignes simples, mais elles comptent autant que le geste lui-même pour obtenir un bon résultat.
La récidive est possible, car la maladie veineuse est évolutive. Un traitement peut enlever les varices présentes, mais il ne modifie pas toujours le terrain : hérédité, grossesses, travail debout, sédentarité, surpoids ou variations hormonales. D’où l’intérêt du suivi, surtout si de nouvelles veines apparaissent. Un contrôle permet aussi de vérifier qu’un reflux n’a pas été sous-estimé au départ.
Ce qui soulage sans enlever la varice
Les mesures conservatrices ne gomment pas une varice constituée, mais elles ont une vraie utilité : réduire les symptômes, ralentir l’aggravation et préparer ou compléter un traitement médical. Elles sont particulièrement importantes lorsque l’intervention n’est pas nécessaire, pas souhaitée ou doit être différée.
Compression médicale : bas, chaussettes ou collants
La compression médicale exerce une pression dégressive sur la jambe pour aider le retour veineux. Elle existe en classes de compression 1 à 4, choisies selon la situation clinique. Elle peut être proposée en cas de lourdeurs, d’œdème, de grossesse, de voyage prolongé, après sclérothérapie ou après intervention.
Le bon modèle compte autant que la bonne classe : chaussettes, bas-cuisses ou collants doivent être adaptés à la morphologie et faciles à enfiler. Une compression mal choisie est vite abandonnée. En cas de douleur inhabituelle, de gêne importante ou de problème artériel connu, il faut demander un avis médical avant de la porter régulièrement. Bien utilisée, elle aide aussi à mieux tolérer les journées longues ou la chaleur.
Veinotoniques et hygiène de vie
Les médicaments veinotoniques peuvent soulager temporairement les jambes lourdes, surtout lors de périodes à risque comme la chaleur. Les cures sont souvent de 1 à 3 mois. Ils n’enlèvent pas les varices, mais peuvent améliorer le confort.
- Marcher chaque jour pour activer les mollets.
- Éviter de rester longtemps immobile debout ou assis.
- Surélever les jambes en fin de journée si elles gonflent.
- Limiter les sources de chaleur prolongée sur les jambes.
- Maintenir un poids stable lorsque c’est possible.
- Porter une compression lors des longs trajets si elle est recommandée.
Ces gestes sont simples, mais leur effet s’additionne. Marcher régulièrement, faire des pauses quand on travaille debout et limiter l’immobilité prolongée restent les conseils les plus utiles au quotidien. Ils ne remplacent pas un traitement, mais ils limitent la gêne et aident à prévenir l’aggravation.
Quand consulter et comment préparer le rendez-vous
Il faut consulter rapidement si une varice devient rouge, chaude, très douloureuse, si une jambe gonfle brutalement, si la peau brunit ou s’abîme près de la cheville, en cas de saignement, de plaie qui ne cicatrise pas ou de suspicion de phlébite. Un ulcère veineux, une thrombophlébite ou un saignement ne doivent pas être banalisés.
Pour un premier rendez-vous, notez depuis quand les varices sont présentes, les symptômes ressentis, les situations qui aggravent les douleurs, vos antécédents de phlébite, grossesses, traitements hormonaux, interventions veineuses et cas familiaux. Si vous portez déjà une compression ou prenez des veinotoniques, précisez le modèle, la classe et la durée d’utilisation. Ces éléments aident à orienter le bilan et à éviter un traitement incomplet.
La question n’est donc pas seulement “varice, comment les enlever ?”, mais plutôt : quelle veine faut-il traiter, avec quelle technique, et dans quel objectif médical ou esthétique ? Un bilan avec écho-doppler permet d’obtenir une réponse personnalisée, de choisir une méthode adaptée et de réduire le risque de traitement incomplet ou de récidive précoce.



