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Migraine vestibulaire : des vertiges de 5 minutes à 72 heures, avec ou sans mal de tête

Élise-Anaïs Percheron 6 min de lecture
Migraine vertige : carnet symptômes de vertiges 5 min à 72 h

Publié par : — Rédactrice spécialisée en santé

Notre note sur la mise à jour

Une migraine peut provoquer un vertige, même lorsque le mal de tête est absent ou discret. Cette forme, appelée migraine vestibulaire, perturbe l’intégration des informations venant de l’oreille interne, de la vision et du corps. Les symptômes peuvent être très invalidants. Toutefois, un vertige ne doit pas être attribué d’emblée à la migraine : une évaluation médicale reste nécessaire.

Vertige, étourdissement et migraine : distinguer les sensations

Le vertige correspond à une illusion de mouvement : la pièce semble tourner, le sol se dérober ou le corps basculer. L’étourdissement désigne une sensation plus large, comme une tête légère, une impression de flottement, un malaise ou une difficulté à se concentrer. Le déséquilibre se manifeste surtout pendant la marche. Ces sensations peuvent se combiner, mais les décrire précisément aide le médecin à orienter le bilan.

Critères officiels de diagnostic de la migraine vestibulaire — Consultez la classification ICHD-3 et les critères diagnostiques de référence pour identifier la migraine vestibulaire.

Dans la migraine vestibulaire, le vertige peut être rotatoire, apparaître lors d’un changement de position ou s’aggraver avec les mouvements de tête. Un environnement visuel chargé peut également le déclencher ou l’intensifier, par exemple une foule, les rayonnages d’un magasin, le défilement sur un écran ou la circulation. Des nausées, des vomissements, une intolérance à la lumière ou au bruit, une aura visuelle, des acouphènes ou une sensation de pression dans les oreilles peuvent s’y associer.

Une migraine vestibulaire peut survenir sans céphalée

Le mot « migraine » évoque souvent une céphalée pulsatile. Pourtant, les symptômes vestibulaires peuvent dominer la crise. Certaines personnes ont déjà connu des migraines classiques ; chez d’autres, le vertige devient le signe le plus visible. L’absence de douleur n’écarte donc pas cette hypothèse. Elle incite toutefois à rechercher soigneusement d’autres causes, notamment ORL et neurologiques.

Reconnaître le profil d’une migraine vestibulaire

Les critères rapportés pour la migraine vestibulaire reposent notamment sur la répétition des crises : au moins 5 épisodes de vertiges régressifs, durant de 5 minutes à 72 heures. Au moins la moitié de ces épisodes doivent s’accompagner de manifestations migraineuses, comme une céphalée évocatrice, une photophobie, une phonophobie ou une aura visuelle. Ces éléments ne permettent pas de se diagnostiquer seul. Ils servent de repères lors de l’interrogatoire clinique.

  • vertige spontané, déclenché par le mouvement ou par des stimulations visuelles ;
  • instabilité, sensation d’ébriété ou difficulté à supporter les déplacements ;
  • nausées et parfois vomissements ;
  • sensibilité inhabituelle à la lumière, aux sons ou aux odeurs ;
  • fatigue, brouillard cognitif ou difficulté à supporter les écrans après l’épisode.

La durée apporte un indice important

Noter l’heure de début, le moment où les symptômes sont les plus forts et le retour à l’état habituel peut être très utile. Le déroulement d’une crise aide à distinguer un vertige bref, déclenché uniquement par une position, d’un épisode plus long, fluctuant et accompagné de signes migraineux. Le médecin s’intéresse aussi à la période entre les crises : récupération complète, instabilité persistante, fatigue sensorielle ou appréhension des mouvements. Ce rythme est plus instructif qu’un simple mot comme « vertige ».

Les causes à écarter avant de conclure à la migraine

La migraine vestibulaire est un diagnostic clinique : aucun examen unique ne la confirme directement. Les tests servent surtout à vérifier qu’une autre maladie n’explique pas mieux les symptômes. Selon le tableau, le médecin traitant peut orienter vers un ORL, un neurologue ou une consultation spécialisée.

Cause possible Éléments souvent évocateurs Évaluation possible
Migraine vestibulaire Crises répétées, symptômes migraineux, gêne visuelle ou liée au mouvement Interrogatoire, examen clinique et exclusion d’autres causes
Vertige positionnel paroxystique bénin Vertige bref au coucher, au retournement dans le lit ou au lever Manœuvre de Dix-Hallpike ; manœuvre d’Epley selon le cas
Maladie de Ménière Crises vertigineuses avec fluctuation de l’audition, pression auriculaire ou acouphènes Examen ORL et audiogramme
Névrite vestibulaire Vertige intense et prolongé, souvent continu, avec déséquilibre marqué Examen vestibulaire et neurologique
Cause neurologique Signes neurologiques associés, trouble brutal de la marche ou de la parole Évaluation urgente, parfois IRM

L’examen peut inclure l’observation des yeux et la recherche d’un nystagmus, ainsi qu’une évaluation des oreilles, de l’audition, de la coordination et de la marche. Selon la situation, le médecin peut proposer un audiogramme, une vidéo-électronystagmographie, un test calorique, un test du siège tournant ou une IRM. Une baisse d’audition nette ou un acouphène unilatéral persistant justifie particulièrement un avis ORL.

Déclencheurs et gestes utiles pendant une crise

Les déclencheurs diffèrent selon les personnes. Le stress, la fatigue, le manque ou l’excès de sommeil, la déshydratation, les repas sautés, l’alcool, certains aliments, les fluctuations hormonales, la lumière vive, le bruit, les odeurs fortes et les changements de rythme peuvent favoriser une crise. L’objectif n’est pas de multiplier les interdits, mais d’identifier les associations qui se répètent.

Tenir un journal court et exploitable

Pendant quelques semaines, notez la date, la durée, le type de sensation, les symptômes associés, le sommeil, les repas, les règles si cela est pertinent, les médicaments pris et l’impact sur le travail ou la marche. Ce relevé aide à repérer un schéma personnel et rend la consultation plus précise. Il évite aussi de conclure trop vite qu’un aliment ou une activité est responsable après une seule crise.

Pendant l’épisode, mettez-vous à l’abri du bruit et de la lumière. Allongez-vous si nécessaire, buvez par petites gorgées et évitez de conduire ou de pratiquer une activité en hauteur. Les traitements contre les nausées, les vertiges ou la migraine doivent être choisis avec un professionnel de santé. Une automédication répétée peut masquer l’évolution des symptômes ou entraîner des problèmes liés à l’abus de médicaments.

Prise en charge et situations qui nécessitent une consultation urgente

Selon la fréquence et l’intensité des crises, la prise en charge peut associer un traitement des symptômes, une stratégie contre la migraine et une prévention. Lorsque le déséquilibre persiste ou que la peur du mouvement limite les activités quotidiennes, une kinésithérapie vestibulaire peut être envisagée. Elle vise à réhabituer progressivement le cerveau aux mouvements et aux sollicitations visuelles, dans le cadre d’un programme adapté.

Consultez votre médecin si les vertiges se répètent, perturbent vos activités ou s’accompagnent de céphalées nouvelles. Un trouble auditif mérite également un avis médical. Un ORL est particulièrement indiqué en cas d’acouphènes, d’oreille bouchée ou de baisse d’audition. Un neurologue peut être sollicité lorsque l’hypothèse migraineuse est probable mais complexe, ou lorsque les crises sont fréquentes.

Appelez les urgences en cas de céphalée brutale et inhabituelle, de faiblesse ou d’engourdissement d’un côté du corps, de trouble de la parole, de vision double, de perte de connaissance, de confusion, de fièvre avec raideur de nuque, d’impossibilité nouvelle de marcher ou de vomissements importants et persistants. Ces signes ne doivent pas être attribués à une migraine sans examen médical.

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