Vertiges pendant la grossesse : fréquents au 1er trimestre, plus à surveiller au 3e
Avoir la tête qui tourne pendant la grossesse inquiète vite, surtout au lever, dans une file d’attente ou après un repas sauté. Le plus souvent, ces vertiges viennent des adaptations normales du corps, comme une tension plus basse, une fatigue importante ou une baisse de glycémie. Ils restent à surveiller quand ils s’accompagnent de chute, de douleur, de saignement ou de troubles visuels.
Vertige, étourdissement ou malaise : de quoi parle-t-on vraiment ?
Le mot “vertige” sert souvent à décrire des sensations différentes. Certaines femmes parlent d’une pièce qui tourne, d’autres d’un voile noir, d’une faiblesse soudaine ou d’une impression de perdre l’équilibre. Pendant la grossesse, il s’agit fréquemment d’un étourdissement ou d’un début de malaise plutôt que d’un vrai vertige rotatoire d’origine ORL.

Un épisode bref, survenu après s’être levée trop vite, à jeun, dans un endroit chaud ou après une longue station debout, est en général moins préoccupant s’il disparaît avec le repos, l’hydratation et une collation. En revanche, un malaise avec chute, perte de connaissance, douleur, saignement ou troubles visuels ne doit pas être minimisé.
Pourquoi ce symptôme est fréquent chez la femme enceinte
Dès les premières semaines de grossesse, l’organisme adapte sa circulation pour répondre aux besoins du placenta et du futur bébé. Sous l’effet de la progestérone, les vaisseaux sanguins se dilatent, ce qui peut faire baisser la pression artérielle. Le cerveau reçoit alors momentanément moins de sang, surtout lors d’un changement brusque de position. C’est le mécanisme classique de l’hypotension orthostatique.
Ce phénomène peut provoquer une sensation de flou, des sueurs, des bouffées de chaleur, des nausées ou l’impression que les jambes “lâchent”. Le plus souvent, il s’améliore en s’asseyant ou en s’allongeant quelques minutes.
Les causes les plus courantes des vertiges pendant la grossesse
Les vertiges pendant la grossesse ont rarement une seule cause. Ils résultent souvent d’un équilibre fragile entre tension artérielle, alimentation, hydratation, fatigue et position du corps. Identifier le déclencheur aide à agir plus efficacement.
Fiche officielle OMS sur la prééclampsie pendant la grossesse — Découvrez la fiche de référence de l’OMS qui explique la prééclampsie, ses signes, ses risques et sa prise en charge pendant la grossesse.
| Cause possible | Ce que l’on ressent souvent | Réflexe utile |
|---|---|---|
| Hypotension ou lever trop rapide | Tête qui tourne, voile noir, faiblesse | Se lever progressivement, s’asseoir si besoin |
| Hypoglycémie | Tremblements, nausées, coup de fatigue | Fractionner les repas, prévoir une collation |
| Déshydratation | Bouche sèche, fatigue, maux de tête | Boire régulièrement, viser environ 1,5 à 2 L par jour si l’avis médical le permet |
| Anémie ou carence en fer | Essoufflement, pâleur, grande fatigue | En parler au médecin, envisager une prise de sang |
| Compression de la veine cave | Malaise en position allongée sur le dos, surtout en fin de grossesse | Se tourner sur le côté gauche |
Hypoglycémie, anémie et déshydratation : trois déclencheurs à surveiller
La grossesse augmente les besoins énergétiques et nutritionnels. Si les repas sont trop espacés, si les nausées empêchent de manger correctement ou si les vomissements sont fréquents, la glycémie peut baisser et provoquer étourdissements, sueurs et faiblesse. Mieux vaut éviter les longues périodes à jeun et garder une collation simple dans son sac.
L’anémie, souvent liée à un déficit en fer, peut aussi favoriser les vertiges, car l’hémoglobine transporte l’oxygène dans le sang. Une fatigue inhabituelle, un essoufflement à l’effort léger ou une pâleur marquée justifient d’en parler à un professionnel de santé. Des folates insuffisants peuvent aussi intervenir, d’où l’intérêt du suivi prénatal et des bilans prescrits.
Le rôle particulier de la veine cave au 3e trimestre
En fin de grossesse, l’utérus plus volumineux peut comprimer la veine cave inférieure lorsque la femme enceinte reste allongée sur le dos. Le retour veineux vers le cœur diminue, la tension peut chuter et un malaise vagal peut apparaître. Se mettre sur le côté gauche libère mieux la circulation et soulage souvent rapidement.
La prévention commence avant le vertige. Avant de sortir du lit, il est utile de passer par une position assise, de bouger les chevilles, de respirer calmement, puis de se lever en deux temps. Ce geste simple limite les changements brutaux de circulation et réduit le risque de malaise.
À quel moment de la grossesse les vertiges apparaissent-ils ?
Les vertiges peuvent survenir pendant les 9 mois, mais deux périodes sont particulièrement propices : le 1er trimestre et le 3e trimestre. Leur signification n’est pas toujours la même, ce qui aide à mieux les interpréter.
Au 1er trimestre : hormones, fatigue et nausées
Au début de la grossesse, les changements hormonaux sont rapides. La progestérone favorise la dilatation des vaisseaux, la tension peut être plus basse et les nausées limitent parfois les apports alimentaires. Les vertiges peuvent donc faire partie des symptômes précoces, avec la fatigue, les seins sensibles ou les nausées.
Ils deviennent plus gênants lorsque la future maman mange peu, boit insuffisamment ou dort mal. Dans ce cas, l’objectif n’est pas de tenir coûte que coûte, mais de réduire les déclencheurs : petits repas réguliers, repos dès que possible et hydratation fractionnée.
Au 3e trimestre : poids de l’utérus et circulation moins fluide
Au 3e trimestre, le volume sanguin, le poids de l’utérus et la pression sur les gros vaisseaux modifient davantage la circulation. Les malaises peuvent apparaître en position allongée sur le dos, debout trop longtemps, dans les transports ou dans un environnement chaud.
Une femme enceinte sur trois serait concernée par des vertiges au cours de la grossesse. Cette fréquence montre que le symptôme est courant, mais elle ne dispense pas d’une vigilance adaptée, surtout si les épisodes deviennent intenses, répétitifs ou associés à d’autres signes.
Que faire pour soulager les vertiges au quotidien ?
Les gestes les plus efficaces sont simples, mais ils doivent être anticipés. Ils visent à stabiliser la tension, la glycémie et le retour veineux, tout en limitant les situations qui favorisent le malaise.
- Se lever lentement : passer de la position couchée à assise, attendre quelques secondes, puis se mettre debout.
- Manger régulièrement : garder 3 repas par jour et ajouter une collation si les repas sont espacés ou si les nausées réduisent les quantités.
- Boire souvent : répartir l’eau sur la journée, surtout en cas de chaleur, d’activité ou de vomissements.
- Éviter la chaleur excessive : pièces surchauffées, bains très chauds, vêtements trop serrés ou longues attentes debout peuvent favoriser les malaises.
- S’allonger sur le côté gauche : particulièrement utile en fin de grossesse ou si le malaise apparaît sur le dos.
- Surélever les jambes : lorsque la tête tourne, cette position peut aider le sang à revenir vers le cœur.
Côté alimentation, les apports en fer ont leur importance : viande, poisson bien cuit, œufs, légumineuses, légumes verts, céréales enrichies selon les habitudes alimentaires. Il ne faut toutefois pas prendre de complément en fer sans avis médical, car le dosage dépend des résultats biologiques et de la tolérance digestive.
Si un vertige arrive, mieux vaut s’arrêter immédiatement, s’asseoir ou s’allonger, respirer lentement et demander de l’aide si l’on se trouve dans un lieu public. Continuer à marcher pour que ça passe augmente surtout le risque de chute.
Quand consulter sans attendre ?
Un vertige isolé et bref n’a pas la même valeur qu’un vertige intense accompagné d’autres symptômes. La règle pratique est simple : plus les signes sont inhabituels, douloureux, neurologiques ou persistants, plus l’avis médical doit être rapide.
Les signes d’alerte à ne pas minimiser
Il faut contacter un médecin, une sage-femme, un gynécologue ou les urgences maternité si les vertiges s’accompagnent de saignements, douleurs abdominales, malaise avec perte de connaissance, chute, essoufflement important, douleur thoracique, fièvre, vomissements incoercibles ou impossibilité de s’hydrater.
Des maux de tête intenses, des troubles visuels comme des mouches devant les yeux, des œdèmes soudains du visage ou des mains, ou une tension élevée peuvent faire évoquer une pré-éclampsie et nécessitent une évaluation rapide. Au début de grossesse, des vertiges avec douleurs pelviennes et pertes de sang peuvent aussi faire rechercher une grossesse extra-utérine ou une fausse couche.
Quand les épisodes se répètent
Des vertiges fréquents, même sans signe spectaculaire, méritent d’être signalés lors du suivi de grossesse. Le professionnel pourra vérifier la tension artérielle, rechercher une anémie par prise de sang, discuter de la glycémie, du diabète gestationnel, des traitements en cours ou d’une cause ORL si la sensation est vraiment rotatoire.
Le but n’est pas de dramatiser chaque étourdissement, mais de garder un filet de sécurité. Pendant la grossesse, un symptôme courant peut rester bénin, il peut aussi devenir un indice utile lorsqu’il s’associe à d’autres éléments. Écouter son corps, noter les circonstances des épisodes et consulter en cas de doute reste la meilleure conduite.
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